Programme AMMA au Mali
Chercheurs : Josiane SEGHIERI, François LAVENU, Frank TIMOUK, Moussa KAREMBE
Dans ce vaste domaine, le centre IRD de Bamako est engagé dans trois directions essentielles :
• avec de multiples partenaires au Nord et dans les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, et avec l’IER au Mali, le centre IRD participe aux activités du programme « Analyse multidisciplinaire de la mousson africaine » ; ces activités sont appelées à se développer sensiblement au cours des prochaines années sur le site du Gourma qui a été retenu parmi les sites d’étude du programme.
Site d'observation du Gourma malien (30
000 km², voir carte)
• composante en zone pastorale sahélienne
de l'Observatoire de Recherche sur l'Environnement (ORE) AMMA-CATCH, labellisé
par le Ministère Français de la Recherche, financé
par l'IRD, le MRT, et l'INSU/CNRS.
• composante du réseau GLOBALSAV
de suivi des savanes d’Afrique de l’Ouest, Zone Atelier de Recherche
sur l’Environnement, financé par le Programme Environnement
Vie et Sociétés (PEVS).
• composante des sites méso-échelle
(site malien) de support des observations à long terme (LOP) sur
les surfaces continentales du projet AMMA.
• comprend le super-site de Hombori et
le site local intensif instrumenté d’Agoufou.
Partenaires
L’Institut d’Economie Rurale anime le comité AMMA-Mali qui regroupe les principaux intervenants maliens dans ce programme. Les partenaires identifiés en 2004 sont les suivants :
• Institut d’Economie
Rurale du Mali (IER)
• Centre Régional de Recherche
en Agronomie de Gao (IER/CRRA-Gao)
• Centre Régional de Recherche
en Agronomie de Sotuba (IER/CRRA-Sotuba)
• Direction Nationale de la Météorologie
du Mali (DNM)
• Direction Nationale de l’Hydraulique
et de l’Energie du Mali (DNHE)
• Ecole Nationale d’Ingénieurs
de Bamako (ENI)
• Faculté des Sciences et Techniques
de Bamako (FAST)
• Institut Polytechnique Rural/Institut
de Formation et de Recherche Appliquée de Katibougou
(IPR/IFRA-Katibougou)
• Secrétariat Technique Permanent/Cadre
Institutionnel pour la Gestion des Questions Environnementales
(STP/CIGQE).
personnel
Centre IRD de Bamako : 1 chercheur IRD, 1 Ingénieur de Recherche IRD et 1 Ingénieur d’Etude IRD.
Contact:
Capitaines de site : Eric Mougin : mougin@cesbio.cnes.fr
Josiane
Seghieri : Josiane.Seghieri@ird.fr
Responsable logistique : François Lavenu : Francois.Lavenu@ird.fr
Responsable Instrumentation : Franck Timouk : timouk@cesbio.cnes.fr



Activités Scientifiques prévues sur le site AMMA Mali
A. Pluviométrie (LOP, Responsable
: F. Lavenu)
L’instrumentation comprend 8 pluviographes et un pluviomètre
disposés depuis 2004 dans la fenêtre du Gourma et qui complètent
les relevés réalisés par différents services
nationaux (DNM, Services de l’agriculture,…). L’ensemble
du dispositif a pour objectif de caractériser la variabilité
spatiale et temporelle de la pluviosité au cours de la saison des
pluies (1er mai – 31 octobre).
B. Micro-météorologie (EOP,
Responsable : F. Timouk)
L’instrumentation comprend 2 stations météorologiques
automatiques disposées sur le site local d’Agoufou (15.3°N,
1.5°W) et au nord au nord du village de Bamba (17.1°N, 1.3°W).
Ces stations fournissent une mesure toutes les 15 mm d’une vingtaine
de paramètres météorologiques et de l’humidité
du sol à différentes profondeurs.
C. Humidité des sols (EOP, Responsable
: P. de Rosnay)
Un réseau de 7 stations d’humidité des sols sera installé
au cours de l’année 2005, dans un premier temps à l’intérieur
du super-site de Hombori puis étendu selon un gradient Nord-Sud dans
la fenêtre du Gourma. Une toposéquence dune-interdune sera
aussi instrumenté sur le site local intensif d’Agoufou. Ces
stations renseigneront sur l’évolution du contenu en eau du
sol et les mesures de surface seront utilisées pour la validation
des produits satellites ‘humidité du sol’.
D – Flux (EOP, Responsables : C.
Lloyd, L. Kergoat, V. Le Dantec, E. Mougin, F. Timouk)
Le dispositif comprendra 4 stations de flux (eau et énergie) répartis
dans le super-site d’Hombori à partir de 2005. Le site local
intensif d’Agoufou accueillera les stations de mesure des flux de
sève sur les ligneux qui fourniront une estimation de la transpiration
foliaire. Des campagnes de mesures des flux à l’aide d’un
ballon captif pendant la durée de l’EOP sont programmées
au niveau du super-site d’Hombori et seront complétées
par des mesures locales réalisées à l’aide d’enceintes
portables.
D. Végétation (EOP/LOP,
Responsables : V. Demarez, F. Lavenu, E. Mougin, J. Seghieri)
Le dispositif de suivi comprend une trentaine de sites de 1x1 km² distribués
dans la fenêtre du Gourma dont le site local intensif d’Agoufou.
L’objectif est de caractériser la variabilité spatiale
et temporelle du développement de la végétation en
relation avec la variabilité de la pluviosité et de valider
les produits satellitaux. Le site local d’Agoufou accueillera à
partir de 2005 un dispositif de suivi du PAR absorbé par la végétation
afin de paramétrer les modèles de végétation.
E. Site AERONET (LOP, Responsable : F. Lavenu)
Le dispositif comprend un photomètre du réseau POTON/AERONET
qui permet de suivre l’évolution de la quantité d’aérosols
atmosphériques et la vapeur d’eau. Ce photomètre est
installé sur le site local intensif d’Agoufou .
F. Site IDAF (LOP, Responsable : C. Galy-Lacaux)
Mesure de la composition chimique des pluies, des aérosols et de
différents composés gazeux. La station IDAF est installée
sur le site local intensif d’Agoufou.
Stratégie intégrée de modélisation et d'utilisation des données satellitaires
La stratégie retenue repose sur la mise en œuvre d’une méthode d'assimilation de données satellitaires à différentes résolutions dans des modèles de surface.
Nous utiliserons principalement le modèle de végétation
STEP (développé au CESBIO) couplé au modèle
d'échange sol-végétation-atmosphère SETHYS (développé
au CETP). Le modèle STEP simule le développement saisonnier
de la végétation. Le modèle d'échange simule
les processus hydrologiques tel que la dynamique hydrologique et thermique
du sol et les échanges d'eau et d'énergie avec l'atmosphère.
Cette approche de modélisation couplée permet de prendre en
compte les effets de la dynamique temporelle des propriétés
biophysiques de la végétation sur les échanges. Cette
dynamique est particulièrement marquée au Sahel, à
la fois à l'échelle saisonnière et interannuelle. L'utilisation
de données satellitaires multi-spectrales doit permettre de corriger
simultanément l'évolution temporelle de plusieurs variables
pronostiques du modèle couplé STEP-SETHYS et ainsi de pallier
les déficiences de la modélisation, aussi bien du couvert
végétal que de l'humidité du sol.
Les observations satellitaires regroupent les données acquises à
haute résolution spatiale (SPOT, LANDSAT et ENVISAT/ASAR)
et basse résolution (VEGETATION, MODIS, MSG), les
diffusiomètres (QUICKSCAT, METOP) ainsi qu' AMSR
(préparation SMOS).
D'un point de vue méthodologique, la stratégie d'assimilation
est basée sur un algorithme multi-critères d'optimisation
par stratégie d'évolution. A méso-échelle (~
10 000 km²), la spatialisation est effectuée grâce à
l'assimilation des données basse résolution. Une méthodologie
de spatialisation originale, basée sur la projection des variables
pronostiques du modèle couplé sur une base de fonctions empiriques
adéquates, est développée. Cette meilleure caractérisation
des conditions de surface permet de quantifier les ordres de grandeur de
la variabilité spatiale des flux hydriques pour les années
2004-2007 (EOP). Les mesures recueillies par le réseau de stations
de flux (4 au total sur le Gourma) ainsi que par le réseau de stations
d’humidité du sol (9 au total) servent à valider localement
les résultats de l’assimilation.(pour
en savoir plus, cliquer ici
«
»)
;
• avec l’IER au Mali (notamment
M. Fadiala Dembele, coordinateur national du réseau ROSELT, et Moussa
Karembé, coordonateur de l’Observatoire du Baoulé),
et l’Unité de service « Désertification »
de l’IRD, le centre IRD de Bamako soutient les activités du
programme ROSELT/OSS (pour en savoir plus cliquer ici « ROSELT/OSS
») ;
• en relation avec les chercheurs de
l’ADRAO actuellement implantés à Bamako, avec les chercheurs
de l’IER et avec ceux de l’Université (laboratoire de
biologie moléculaire de la Faculté des Sciences et techniques),
et enfin avec ceux de l’URMR 5096 CNRS-Université de Perpignan
et l'IRD intitulée « Génome et Développement
des Plantes » (dirigée à Perpignan par Michel Delseny
et Alain Ghesquière pour l'IRD) le centre IRD de Bamako devrait développer
dans les années qui viennent des études portant notamment
sur la génomique et la pathologie végétale du riz.