L'équilibre du fleuve Niger perturbé par les «pêcheurs de sable»
Le lit amont du Niger se creuse d’année en année. Des
chercheurs de l’IRD et leurs partenaires viennent de décrire
ce phénomène, contraire à l’idée établie
d’un ensablement du fleuve. Cet abaissement est dû au prélèvement
excessif de sable et de gravier pour l’extension urbaine, en particulier
de Bamako, et pour les grands aménagements alentours (barrages, etc.).
De fait, la population de la capitale malienne a plus que décuplé
en 50 ans. Plus de 60 sites d'extraction et de stockage sont dénombrés
le long du Niger. La filière emploie 15 000 personnes, pour la plupart
des « pêcheurs de sable » en apnée qui vont prélever
à la main les matériaux au fond du fleuve. L’ablation
annuelle du lit serait aujourd’hui de l’ordre de plusieurs centimètres.
Réduction des terres arables, déstabilisation des ponts et
autres aménagements, baisse du niveau du fleuve et difficulté
d’accès à l’eau, réduction de la productivité
de la pêche… sont autant de conséquences de cette exploitation
massive et incontrôlée. Dans les années à venir,
la construction de nouveaux ouvrages sur le Niger fait craindre une accélération
du phénomène.
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